Il y a 5 jours

Le parasport féminin, un défi de taille pour le CPSF

La Journée internationale du sport féminin est célébrée, chaque année, le 24 janvier. Elle donne l'occasion, à travers les médias, de promouvoir et sensibiliser au sport féminin en lui donnant plus de visibilité. Il s’agit d’une initiative importante pour le mouvement paralympique, la question de la pratique sportive par les femmes en situation de handicap est un enjeu majeur.  

La pratique sportive chez les personnes en situation de handicap 

Avant de poser la question du genre, il est nécessaire de savoir que le sport chez les personnes en situation de handicap n’est encore pas assez développé. Aujourd’hui, seulement une personne sur deux pratique une activité physique ou sportive. La non pratique sportive chez les personnes en situation de handicap s’explique par une liste non exhaustive de freins comme : 

  • Un manque d’offre sportive proposée à l’accueil de ce public ;
  • Une accessibilité non adaptée aux infrastructures sportives ; 
  • Une difficulté de transport du lieu d’habitation au club sportif ; 
  • Une auto-censure de la part des personnes en situation de handicap ; 
  • Un éloignement de la pratique sportive dès le plus jeune âge. Les enfants en situation de handicap sont souvent dispensés des cours d’EPS ; 
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Le parasport féminin 

Si le nombre de pratiquant sportif chez les personnes en situation de handicap est encore faible, il l’est d’autant plus dans le parasport féminin. Il y a un grand nombre de facteurs qui explique ce manque.  

Avant tout, il n’existe pas de données et de chiffres précis concernant le pourcentage d’hommes et de femmes en situation de handicap. En revanche, selon l’OMS, 3/4 des accidents mortels ou entrainants un handicap touchent les hommes. Les raisons sont dû à une conduite plus à risque, à plus grande vitesse… Les hommes sont ainsi plus prédisposés à être en situation de handicap à la suite d’un accident que les femmes. 

Par ailleurs, les femmes, en situation de handicap ou non, arrêtent généralement plus tôt la pratique sportive que les hommes. Effectivement, à l’arrivée à l’âge adulte, elles ont plus tendance à se focaliser sur leur carrière professionnelle ou leur vie personnelle, en mettant de côté leur pratique sportive.  

Il est également important de savoir qu’en compétition, à la différence du monde olympique, les disciplines parasportives comptent plusieurs catégories en fonction du type de handicap physique, moteur ou sensoriel). Par exemple, l’athlétisme compte plus de 10 catégories différentes. Ainsi, même s’il y a plusieurs femmes dans une même discipline, elles ne sont pas forcément classées dans les mêmes catégories. Elles n’ont ainsi pas autant de concurrence que dans l’olympisme. L’un des facteurs de l’arrêt d’une carrière sportive est le manque de challenge. Le sportif est animé par la volonté de se défier à quelqu’un ou à battre un nouveau record. Par manque d’autant de concurrence, il peut être rapidement lasser par son sport, et arrêter sa pratique. 

Enfin, au sein des clubs, de nombreuses disciplines parasportives, paralympiques ou non, sont mixtes. Or, ces sports sont majoritairement pratiqués par des hommes, la parité n’est pas souvent au rendez-vous dans les clubs. Ainsi, l’effet de groupe à tendance masculine et le manque de coéquipières féminines peut entrainer un arrêt de la pratique chez la femme. 

La pratique fédérée 

Aujourd’hui, il est difficile d’avoir une visibilité sur les données chiffrées du nombre de pratiquant de sport dans les clubs, quel que soit le genre. En effet, auparavant le mouvement paralympique comptait seulement les deux fédérations historiques (FFSA et FFH). Aujourd’hui, plusieurs fédérations sont délégataires des parasports, et celles-ci n’ont pas toujours la visibilité du nombre de personnes en situation de handicap adhérentes. 

Paris 2024, en route vers la parité 

En 1900, les athlètes féminines étaient seulement 22. En 2024, pour les Jeux Olympiques elles seront 5250. Pour la première fois dans l’histoire des Jeux Olympiques, la parité sera de la partie. 

En ce qui concerne les Jeux Paralympiques, la parité n’est pas encore possible dû au manque de pratiquantes. Cependant, le nombre de participantes sera un nouveau record dans l’histoire paralympique. 

En effet, les Jeux Paralympiques de Paris 2024 accueilleront jusqu’à 4400 athlètes en lice dans les 549 épreuves au programme des 22 disciplines parasportives. 235 d’entre elles seront uniquement féminines, soit 8 de plus que lors de la précédente édition aux Jeux Paralympiques d’été de Tokyo 2020. Cela représente 42% des épreuves, une nette augmentation de 28% par rapport aux Jeux Paralympiques d’Athènes, 20 ans plus tôt, en 2004. 

Ainsi sur les 4400 athlètes, il y aura une participation minimum de 1859 femmes, soit au moins 77 de plus qu’à Tokyo. Le nombre d’athlètes féminines aura donc doublé depuis les Jeux de Sydney en 2000, qui était à la hauteur de 990. 

La délégation française 

La délégation française aux Jeux Paralympiques de Paris 2024 ne sera toujours pas paritaire. Lors des Jeux de Tokyo 2020, l’équipe de France était composée de 138 athlètes dont 37 femmes et 101 hommes, soit une participation de 26,8% de femmes. Pour comparer avec son homologue olympique, la délégation comptait 43,8% de femmes. 

En revanche cette situation n’est pas unique à la France, elle traverse les frontières. Si certaines nations parviennent à être paritaire, voire majoritairement féminine, de nombreux pays font face à un manque d’athlètes féminines plus ou moins important. Lors des Jeux de Tokyo 2020, les pays avoisinant la France qui comptaient une délégation similaire au niveau du nombre d’athlètes, comme l’Espagne ou l’Allemagne comptaient respectivement 33% et 42,9% de participation féminine. 

A Tokyo, 27,3% des médailles françaises étaient ramenées par des femmes (15 médailles sur un total de 55 médailles). Ce chiffre est très cohérent avec le nombre de participante. En revanche, les pays classés devant la France sur le tableau des médailles atteignent une moyenne de 47% de médailles féminines. La France est en retard sur la performance féminine.  

Sur les 22 disciplines présentes aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, seules 3 sont accessibles aux personnes ayant une déficience intellectuelle. Les épreuves accessibles aux handicaps physiques sont plus nombreuses, et puisqu’il y a plus d’hommes en situation de handicap physique, il y a par conséquence moins de femmes en lice pour les Jeux. De plus, cette différence s’explique aussi par la présence d’épreuves collectives qui sont entièrement masculines, comme le cécifoot, ou mixte mais avec une forte tendance masculine comme le rugby fauteuil. L’équipe de France de rugby fauteuil ne compte, à ce jour, aucune femme, bien que cela soit possible. 

Changer le regard de la société 

Les Jeux Paralympiques sont la plus grande compétition internationale à destination des personnes en situation de handicap. L’ambition de Paris 2024 est de changer le regard de la société sur le handicap. En effet, grâce à la médiatisation qui devient de plus en plus importante, les Jeux Paralympiques suscitent de l’engouement chez les personnes en situation de handicap en montrant des “modèles”. Le but est de représenter les sportifs en situation de handicap tels que des sportifs qui ont une spécificité et non pas comme des “handicapés qui font du sport”. A savoir, France TV, diffuseur officiel des Jeux Paralympiques de Paris 2024, diffusera plus de 300 heures d’images en direct.  

La médiatisation joue un rôle important pour changer le regard et acculturer le grand public. Les portraits d’athlètes féminines tels que Marie-Amélie Le Fur (para athlétisme et présidente du CPSF) ou Marie Bochet (para ski alpin) relèvent des parcours inspirants pour tous. Ce n’est pas le handicap qui définit le sportif, mais bien sa performance sportive. 

Le sport féminin à l’antenne 

A partir du 30 janvier, l’Arcom lance sa 6ème édition de l’opération “Sport Féminin Toujours“. Pendant une semaine, les médias sont invités à proposer des programmes liés au sport féminin. La thématique 2023 “Le sport comme remède” donne l’occasion de mettre en valeur le parcours de femmes dont la pratique sportive, professionnelle ou amatrice, a joué un rôle majeur dans la guérison, la reconstruction ou l’émancipation. 

La programmation : 

Canal + :

  • Lundi 30 janvier 17h : Pauline Deroulède, joueuse professionnelle de tennis handisport invitée plateau dans CLUB360
  • Mercredi 1er février : Sujet sur Alexandra Saint-Pierre, championne de para tennis de table
  • Jeudi 2 février 17h : Cécile Hernandez, para snowboardeuse, dans CLUB360

NRJ 12 et Chérie 25 : 

  • Entretiens avec Lucile Razet, Cécile Hernandez, Nelia Barbosa, Alexandra Saint-Pierre

TF1 : 

  • Dimanche 5 février : un sujet sur Alexandra Nouchet, recordwoman de France du saut en longueur et du 100 m et parathlète qui s’entraîne pour les JOP 2024 dans le magazine Vis leurs Vies, diffusé chaque week-end sur LCI
  • Vendredi 4 février : un numéro consacré à Margot Boulet, championne de para aviron

Retrouvez toutes les programmations, ici.

Le CPSF s’engage au développement des parasports 

Pour remédier à ce manque général de pratiquant en situation de handicap, le CPSF a pour mission de développer le parasport en France. Plusieurs programmes sont mis en œuvre pour y parvenir : 

  • Club inclusif : augmenter l’offre parasportive de 3000 clubs à l’accueil des personnes en situation d’ici 2024. 
  • Trouve Ton Parasport : orienter les personnes en situation de handicap vers une discipline sportive adaptée. 
  • La Relève : détecter les champions paralympiques de demain. 
  • Le Réglo’Sport : participer à la lutte contre les violences, verbales, physiques et sexuelles dans le milieu du sport à l’aide d’un outil développé avec le Ministère des sports. 

Retrouvez tous les programmes du CPSF ici.