La semaine Olympique et Paralympique

La Semaine Olympique et Paralympique est un programme lancé par Paris 2024, en 2017, pour promouvoir la pratique sportive chez les jeunes et au sein de l’école. Chaque année, en janvier ou février, dans tout le pays, des écoles se mobilisent pour proposer des activités éducatives aux élèves, dans de nombreux domaines. Alors que plus de 350 000 enfants handicapés sont scolarisés au sein de l’Education nationale, le CPSF est plus que jamais partie prenante de cette initiative pour faire découvrir les parasports, mieux faire connaitre les handicaps, mais aussi pour amener les jeunes élèves en situation de handicap vers la pratique sportive. Au-delà, c’est une occasion unique pour sensibiliser les élèves sur leur responsabilité dans l’évolution des mots, des regards, des comportements pour construire l’école inclusive et la société de demain.

Toutes les informations sur la 4ème édition de la Semaine Olympique et Paralympique (SOP) sont à retrouver sur le site dédié de Paris 2024. Cette année, le thème sera l’interculturalité.

Le CPSF propose, en lien avec le Comité Paralympique International, des contenus pour permettre à toutes les écoles de proposer des activités autour des parasports :

  • I’m possible : le programme éducatif de l’IPC
  • Contenus CPSF

La Semaine Olympique et Paralympique 2019

Introduction

Dans nos écoles, nos collèges, nos lycées, le sport paralympique nous parle d’acceptation de la différence, de solidarité humaine, de collaboration, d’inventivité, d’acceptation de soi, d’une manière de faire société qu’il nous faut défendre.

Champion paralympique, une construction ou une vertu ? Les champions paralympiques ne sont pas des super-héros qui appartiendraient à une race à part. Le sport paralympique nous parle d’itinéraires singuliers, de volonté, de luttes, d’obstacles à franchir, de progrès matériels, de plaisir d’apprendre et de progresser, de victoires et de défaites, d’aventures collectives.

La compensation du handicap par la création de catégories, de sports spécifiques, de Jeux Paralympiques, ne supprime pas la déficience de la personne concernée. Elle constitue un espace respectueux des différences, propice à l’épanouissement de sportifs à besoins spécifiques. Mais la différence subsiste et c’est avec nos différences que nous devons apprendre à vivre et à bouger ensemble.

Accompagnons nos élèves dans l’exploration de cet univers, par la rencontre du destin singulier de ces êtres ordinaires. Faisons-leur découvrir que nous sommes tous vulnérables à notre niveau et donc tous concernés dès maintenant par cette société à construire.

Quelle histoire nous raconte le sport paralympique ?

Depuis la nuit des temps, l’humain n’a eu de cesse de compenser sa vulnérabilité grâce à sa capacité à inventer des moyens techniques, des modes d’organisation et des solidarités qui lui ont permis de s’imposer dans le monde du vivant. Depuis les usages préhistoriques du feu jusqu’aux dernières techniques médicales en passant par nos outils toujours plus sophistiqués pour communiquer, le genre humain s’est fait une spécialité de la neutralisation, voire du dépassement de ses incapacités. En sorte que la question de la compensation du handicap de certains membres de cette communauté humaine (grâce aux fauteuils roulant, chiens guides, écriture braille, interprètes LSF, lois d’orientation…) n’est qu’un prolongement logique de cette faculté millénaire. En cela, la question de la place du handicap dans notre société d’aujourd’hui et de demain appelle une réponse collective, qui est empathique avant d’être technique, comme le furent nos sociétés primitives.

Qu’en est-il du monde sportif ?

Les Jeux Olympiques antiques célébraient essentiellement des athlètes forts et puissants, uniquement des hommes. Mais le développement spectaculaire de la place du sport dans nos sociétés depuis un peu plus d’un siècle s’est réalisé par une agrégation progressive de pratiques et de pratiquants de plus en plus divers. Sports adaptés à des qualités et habiletés bien différentes de la seule force physique, création de catégories d’âge et de poids de corps, développement d’une pratique féminine… Là encore, comment ne pas considérer que l’ouverture aux pratiquants en situation de handicap et à certains sports spécifiques s’inscrit dans un véritable continuum entre le sport et la société ?

Une semaine paralympique organisée en deux temps

Comité Paralympique et Sportif Français - Semaine Olympique et Paralympique 2019 - logo

1. Je m’informe

  • Quizz paralympique

Nous élaborons un QUIZZ paralympique, dont vous pourrez vous saisir pour organiser un « challenge » au niveau de votre établissement, animer une ou plusieurs séquences au sein d’un groupe classe, en incitant au débat et en utilisant les contenus fournis pour nourrir ce dernier à la lueur des différents thèmes.

Des questions à choix multiples, organisées en grandes thématiques :

  • l’histoire des Jeux Paralympiques
  • à la découverte des sports paralympiques
  • les handicaps et les classifications

Trois niveaux de questions pour s’adapter à l’âge des élèves et des réponses argumentées, permettant d’en savoir plus sur l’univers du handicap et du paralympisme.

  • Projection + débat

Il est proposé aux enseignants des films/vidéos sur le thème des Jeux Paralympiques. Ils sont invités à rechercher et convier des intervenants (sportifs ou anciens paralympiques, encadrants, médecin, appareilleurs…) afin qu’ils puissent prendre part au débat à la suite de la projection. Les élèves et enseignants préparent des questions pour l’animer.

Organisation de la projection et du débat.

  • Long métrage : 52’
    • Super héros – saison 1 (été) – saison 2 (hiver)
    • 4 aventurières en route vers Pékin
    • Champions (Javier FESSER)
  • Court métrage : 10’
    • Champions d’exception
    • Interviews de champions paralympiques réalisées pour l’occasion

Les super-héros, la force viendra toujours des différences

Les Super-Héros 2, la force viendra toujours des différences

  • Des sports paralympiques près de chez moi

Les élèves découvrent un sport paralympique par l’intermédiaire d’un club et/ou de sportifs.

    • Reportage (photo, vidéo, journal…)
      • sur un club municipal accueillant des sportifs en situation de handicap
      • sur un champion paralympique de ma ville

Les élèves présentent ensuite leurs travaux aux camarades de classe par une exposition photos, une présentation vidéo ou d’un journal sur le club visité selon leurs choix.

    • Suivez le guide : un élève en situation de handicap fait connaître son sport

Accompagné de camarades de classe, le jeune organise une présentation de son sport et un temps d’activité permettant de faire découvrir son sport ou sa forme de pratique.

2. Je pratique

  • Esprit paralympique : comment adapter une pratique sportive

Le principe des sports paralympiques repose sur le principe de l’adaptation aux capacités singulières des pratiquants. L’objectif de ces propositions est de familiariser les élèves avec cette démarche qui fonde l’organisation des sports paralympiques.
Nous proposons que les élèves expérimentent différentes façons de prendre en compte les différences de capacités physiques en situation de compétition.
À l’issue de cette expérimentation, il sera nécessaire de faire le lien avec les sports paralympiques dont l’organisation et les règlements visent à neutraliser les inégalités entre les participants et à offrir à chacun-e une possibilité d’épanouissement, de plaisir et de progrès.

Type sports-collectifs : en basket-ball fauteuil et en rugby fauteuil, chaque joueur se voit attribuer un nombre de points qui repose sur son « niveau » d’aptitude physique dans l’activité. Sur le terrain, toutes les équipes sont constituées de joueurs aux capacités de déplacement et d’habileté très différentes. Il s’agit alors de proposer une organisation collective qui, partant des capacités de chacun-e, favorise une efficacité collective.
Une pratique collective, avec des « moyens » différents symbolisés par une règle différente qui s’applique à chacun. Exemple : Jeu de basket-ball à 4 x 4

Comment optimiser le rôle de chaque joueur sur le terrain, pour favoriser la pleine participation de chacun-e et pour être efficaces collectivement ?

  1. Brassards jaune : je ne cours pas
  2. Brassard bleu : je ne joue que d’une main
  3. Brassard vert : je ne dribble pas
  4. Brassard rouge : pas de restriction

Les équipes sont tirées au sort et, au sein de l’équipe, chaque joueur décide de son rôle (exemple : brassard jaune : je ne cours pas). Les élèves en situation de handicap, éventuellement présents, peuvent ainsi être valorisés.

Compétition par équipe : Qui peut apporter quoi à l’équipe ?

Equipes de 5, mixtes, tirées au sort avec une mixité possible sur les âges :

  • Du CP au CM2, de la 6e à la 3e
  • Le plus grand doit guider les plus petits et les encadrer, les encourager.

Mixité nécessaire sur les sexes :

  • Une fille minimum dans chaque équipe

Mixité indispensable sur les niveaux « sportifs » des élèves :

  • On tente de valoriser le point fort de chaque élève
  • La différence physique prononcée entre les élèves oblige à composer.

Des épreuves faisant appel à des aptitudes et habiletés variées. Trouver la meilleure répartition en fonction des capacités de chacun-e

Exemples d’épreuves :

  • Une épreuve de précision : lancer de vortex, sarbacane
    10 lancers dans une cible située en hauteur, 1 point marqué par réussite
  • Une épreuve d’équilibre : Slackline
    Un plot tous les mètres, 10 mètres, 1 point par plot atteint. 3 essais.
  • Une épreuve de coordination : parcours moteur chronométré dans des cerceaux de couleurs, une couleur pour le pied droit, une couleur pour le pied gauche, une couleur pour les deux pieds. 3 essais. Barème à établir sur 10 points.
  • Une épreuve de vitesse à barème ou compensation : 50m ou 60m
    Soit usage d’un barème sur 10 points soit usage d’une compensation au départ (3m ou 4m par niveau de classe) et attribution de points en fonction du classement à l’issue de la compétition de sprint à plusieurs tours. Un barème adapté peut être proposé pour des élèves en situation de handicap.
  • Une épreuve d’endurance à barème : 10’
    Barème à construire sur 10 points
  • Type ski alpin ou nordique : les sportifs de handicaps différents s’affrontent au sein d’une même catégorie mais leurs différences de capacités à performer dans l’activité sont compensées par des coefficients.

Tester la notion de compensation pour permettre une opposition équitable.

Tournoi de tennis de table :

  • Joueur-se-s assis (chaise, ballon de gymnastique, fauteuil roulant)
  • Joueur-se-s debout

Les joueur-se-s assis-ses ont 4 points d’avance au début de chaque set (règles du sport partagé). Au service, la balle ne doit pas sortir sur les côtés de la table.
Il est également possible de proposer une compensation pour les droitier-e-s jouant de la main gauche et inversement.

  • Banc d’essai : quelles sont les problématiques liées à la pratique ?

De l’escalade sans voir,
Des sports collectifs sans parler,
Du badminton en fauteuil roulant,
Du tennis de table assis,
Du volley-ball assis…

Nous proposons de venir à l’activité en trois temps :

Phase préparatoire à l’activité :

Que savez-vous de ce sport ?
Les règles, les handicaps concernés, le matériel…

Quels problèmes allons-nous rencontrer ?
Par rapport à la sécurité, au matériel, à la relation à l’autre, à la gestion de l’espace et aux déplacements, aux règles du jeu…

Quels aménagements peut-on à priori proposer ?
Aménagement de l’espace, des règles, du matériel, des consignes…

J’expérimente

Mise en situation pratique avec les aménagements envisagés

Retour d’expérience

Retour sur le décalage entre les hypothèses posées et l’expérience vécue.
Apport d’informations sur les règles officielles de l’activité et les principes d’adaptation proposés par les fédérations.
Nouvelle mise en situation pratique à partir des informations complémentaires apportées.

Le guide, le pilote, l’assistant

L’une des spécificités des sports paralympiques, réservés aux sportifs en situation de handicap, réside dans la présence d’assistants « valides », indispensables à la participation de certains sportifs aux épreuves des Jeux.

Ainsi, les coureurs déficients visuels font équipe avec un guide, qui court également. Les sauteurs en longueur déficients visuels sont assistés par quelqu’un de leur équipe qui les guide à la voix durant la phase d’élan et les accompagne au départ de leur course d’élan et à la sortie du bac à sable. Les cyclistes déficients visuels sont accompagnés par un pilote de tandem. Certains joueurs de boccia et certains tireurs à la carabine sont assistés pour lancer la balle ou charger leur arme par un assistant de leur équipe.

Nous vous présentons deux exemples de situations qui peuvent permettre de découvrir les contours de ce rôle particulier et d’expérimenter la responsabilité particulière qui y est attachée.

  • Voir mon collège autrement

Des équipes de deux élèves : L’un des deux est placé en situation de vision occultée (bandeau)
Etape 1 : On explique les principes du guidage d’une personne aveugle.
Comment assurer sa sécurité, son confort d’usage, en respectant son autonomie.
Comment lui permettre de découvrir le lieu dans lequel il évolue.

Etape 2 : Le jeune guide emmène son camarade dans une pièce spécialement aménagée.
Il lui décrit la pièce.
À la sortie, la personne qui a eu les yeux bandés remplit un quizz concernant la pièce investiguée.
Les deux élèves retournent alors dans la pièce pour constater les écarts à la réalité.

Assister n’est pas jouer

Tournoi de boccia ou de type boccia

Découvrir et expérimenter la notion de « se mettre au service de l’autre », de façon neutre, en respectant son autonomie et ses choix. En boccia, l’assistant compense la faiblesse musculaire du joueur pour lui permettre de jouer. A l’instar de l’interprète qui compense l’incapacité d’une personne à comprendre et s’exprimer dans une langue étrangère (y compris LSF) de façon neutre et sans jamais intervenir dans la conversation.

Matériel : balles de boccia ou de pétanque de plage ou balles lestées légères.

  • 6 boules par joueur + 1 cochonnet
  • 1 gouttière en plastique par joueur

Règles simplifiées :

  • Type pétanque (le plus éloigné du cochonnet lance sa balle – en 12 points)
  • L’assistant tourne le dos au jeu, n’a jamais le droit de parler (un point de pénalité)
  • Le joueur guide l’assistant pour orienter la rampe, sans la toucher lui-même.
  • Le lancer de la balle se fait, exclusivement en la faisant rouler sur la rampe sans élan.
  • La force du lancer est conditionnée par l’inclinaison de la rampe.