La classification : un enjeu d’équité
La classification détermine si un sportif est éligible à concourir dans une compétition parasportive d’une part, et, d’autre part, lui attribue une classe sportive ou catégorie à laquelle est rattachée un statut (nouveau, à revoir, confirmé…).
Les classes sportives visent à minimiser l’impact du handicap sur la performance pour que le résultat s’appuie essentiellement sur l’excellence sportive. La classification est ce qui permet de rendre la compétition la plus équitable possible.
Les différentes disciplines font appel à des aptitudes très variées, sollicitant plus ou moins certaines parties du corps, certaines fonctions, certaines habiletés. C’est pourquoi, le système de classification et l’impact du handicap jugé significatif varient d’une discipline à l’autre.
Quels textes la régissent ?
La classification est une étape commune à tous les parasports, régie par le code de classification du Comité International Paralympique (IPC). Chaque fédération internationale établit le manuel de classification propre à sa discipline, en accord avec les règles du code de classification IPC.
Par qui est-elle effectuée ?
La classification est une mission exercée par des professionnels formés. Il s’agit de professionnels de la santé et, dans certains sports, de techniciens (ancien entraîneur, sportif retraité, enseignant en APA…).
Quand et pour quelles compétitions ?
L’accès aux compétitions parasportives nationales est soumis à une classification nationale. Elle a généralement lieu avant la première compétition nationale ou relativement tôt dans le parcours compétitif du parasportif. Ses règles se calquent sur celles de la classification internationale de la discipline. Quelques adaptations sont cependant possibles pour permettre le développement de la pratique à l’échelle nationale.
Sur demande et inscription de sa fédération nationale, un parasportif passera en classification internationale. Cette dernière est indispensable pour participer à la plupart des compétitions internationales et la décision issue de la classification internationale prime et remplace la décision de la classification nationale si elle est différente.
La classification : les étapes
1. Tout d’abord, les classificateurs examinent le dossier du sportif et s’assurent qu’un diagnostic ou une lésion anatomique est clairement documenté par des examens (imagerie, électrophysiologie, génétique…) et que cette problématique de santé peut entraîner une déficience permanente, relativement stable, éligible selon le code paralympique et dans le parasport concerné. C’est ce que l’on appelle « condition de santé sous-jacente » ou « underlying health condition ».
2. La deuxième étape vise à vérifier, cliniquement, l’existence de la déficience éligible en lien avec la problématique de santé justifiée initialement dans le dossier et qu’il n’y a pas d’incohérence.
3. Si les étapes précédentes sont validées, la troisième étape consiste à vérifier que le sportif présente le critère minimum de handicap requis dans le parasport concerné (en anglais « Minimum Imparment Criteria »). C’est-à dire de vérifier que la déficience s’exprime de manière significative et suffisante dans la discipline, avec le regard de la classification. Pour une même déficience, ce critère minimum de handicap varie d’un parasport à l’autre. En exemple, l’amputation d’une main n’a pas le même impact, n’entraîne pas la même gêne à la pratique, pour courir un marathon ou pour pratiquer l’aviron.
Si le sportif ne répond pas à une des étapes précédentes, il est alors non éligible et, dans la plupart des parasports, l’évaluation s’arrête là. Dans certaines disciplines, l’étape suivante est nécessaire pour déterminer l’éligibilité.
4. Cette étape est l’évaluation de l’impact des troubles dans la pratique parasportive de la discipline en vue de l’attribution de la catégorie sportive (ou « classe ») et du statut selon que la catégorie soit confirmée ou qu’un nouveau passage en classification soit demandé ultérieurement.
Quelles déficiences sont éligibles selon le code de classification paralympique ?
Les déficiences éligibles selon le code de classification paralympique sont :
- Déficit d’amplitude articulaire en passif
- Déficience de membre de type amputation ou agénésie ou différence de longueur de membre
- Petite taille
- Déficit de force musculaire
- Troubles de coordination : hypertonie/ spasticité – ataxie – dyskinésie (athétose, dystonie, chorée)
- Déficience visuelle
- Déficience intellectuelle
Cependant, toutes les déficiences éligibles au code ne sont pas éligibles pour toutes les disciplines. Certains parasports comme le para athlétisme ou la para natation sont ouverts à toutes les déficiences éligibles du code. D’autres parasports, comme le para judo, le goalball ou le cécifoot le sont que pour la déficience visuelle.
Pour aller plus loin
Certains parasports ont des catégories axées sur la déficience, comme le para athlétisme par exemple. En illustration, il y a 2 catégories de personnes de petite taille, en fonction de leur taille, mais ces sportifs ne concourent pas contre des sportifs ayant d’autres problématiques que la petite taille.
D’autres parasports ont des catégories axées sur le handicap autrement dit sur la gêne dans l’activité sportive, comme le para tennis de table par exemple. Des para pongistes de petite taille, en fonction de différents éléments orthopédiques, qui influencent leur jeu, leurs capacités de déplacement, de relance, pourront se retrouver catégorie 8 ou 9. Au sein de ces catégories, il y a aussi des pongistes atteints de toute autre déficience mais dont l’impact est jugé équivalent à celui des pongistes de petite taille (ex : amputation fémorale en classe 8, hémiplégie en classe 8…).
Ces éléments expliquent qu’il est possible de voir s’opposer des sportifs ayant des problématiques très différentes.
Dans certains parasports, si le sportif présente plusieurs déficiences, voire une même déficience mais sur plusieurs membres, seule celle qui est considérée comme la plus sévère sera prise en compte. Par exemple, un sportif amputé trans-tibial et trans-huméral pratiquant debout en athlétisme sera dans la catégorie T64 qui est celle des amputés trans-tibiaux. A l’inverse, d’autres parasports ont une classification qui permet de prendre en compte l’ensemble du corps et toutes les déficiences de manière cumulative pour la mesure de l’éligibilité et l’attribution de la classe (par exemple, la para natation).
Ce sont aussi ces éléments qui expliquent la grande variabilité dans la façon de définir et de présenter les critères minimum de handicap.