Journée mondiale de la santé mentale
Le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF), l’Agence nationale du Sport (ANS), l’INSEP et le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative se sont réunis le jeudi 8 octobre afin de dresser un premier bilan des actions engagées pour mieux accompagner les athlètes et les fédérations en matière de santé mentale et accélérer leur plan d'actions, avec en ligne de mire la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Los Angeles 2028.
A l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale ce samedi 10 octobre, les acteurs du mouvement sportif lancent la campagne “Ouvre le JE” afin de libérer la parole des athlètes et sensibiliser sur les enjeux de santé mentale, bien au-delà du sport.
Cette campagne de sensibilisation détourne l’expression sportive “ouvrir le jeu” pour inviter les athlètes à exprimer leurs difficultés, en partageant leurs doutes ou leurs angoisses avec leur entourage. Déclinée sous différents formats, l’ambition de cette campagne dépasse le haut niveau : changer le regard porté sur le santé mentale et son accompagnement dans le sport, et même au-delà. La campagne s’adresse aux athlètes, mais aussi à leurs proches, aux encadrants.
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De Paris 2024 à Milan-Cortina 2026 : une progression réelle de l’accompagnement psychologique des athlètes mais un besoin toujours élevé
L’enquête exploratoire menée par le CPSF auprès des athlètes et des staffs après les Jeux de 2024, complétée par le retour d’expérience des Jeux d’hiver en 2026, montre des parcours longs mais non linéaires. Les principaux facteurs de vulnérabilité identifiés sont les blessures (78,8%), les événements personnels (78,8%) et les résultats sportifs (66,7%). Les athlètes paralympiques font aussi état d’un sentiment d’isolement accentué pendant les périodes de blessure et après les Jeux, et expriment un souhait fort de suivi psychologique. Plus de la moitié des répondants indiquent ne pas avoir accès à un ou une psychologue du sport mais pensent que cela serait utile.
Du diagnostic à l’action : le plan d’actions pour la santé mentale des athlètes se déploie sur le terrain
Un an après le lancement du plan d’actions en 5 axes, les dispositifs sont désormais pleinement opérationnels et montent en puissance.
Axe 1 : Faciliter l’accès aux soins et à l’accompagnement psychologique
L’enjeu est de renforcer les aides à la prise en charge dédiée aux athlètes et la mobilisation des dispositifs de droit commun portés par l’Etat, l’assurance maladie et les mutuelles. L’ANS, via les maisons régionales de la performance, va également poursuivre l’amélioration du référencement des praticiens.
Axe 2 : Libérer la parole des athlètes et développer la prévention auprès des athlètes, de leurs encadrants et de leur entourage
Interlocuteurs quotidiens des athlètes, les entraîneurs et encadrants techniques sont les mieux placés pour repérer les signaux de fragilité, instaurer un climat de confiance et orienter vers les bons professionnels. L’entourage familial et amical joue également un rôle essentiel. L’INSEP va continuer de jouer un rôle actif dans la prévention et l’accompagnement de la santé mentale des sportifs de haut niveau, en mobilisant ses expertises médicales, scientifiques et pédagogiques. L’objectif est de faire de la santé mentale un sujet qui se partage et se prévient au quotidien, et non plus seulement lors des grandes échéances.
Axe 3 : Améliorer la Surveillance Médicale Réglementaire (SMR), notamment son volet psychologique, pour l’ensemble des sportifs et parasportifs de haut niveau en France
Le cadre existant de la SMR doit permettre à toutes et tous de parler le même langage sur la santé mentale et d’offrir aux athlètes un espace pour faire le point régulièrement et exprimer une alerte ou un besoin d’accompagnement. Sous la direction du Docteure Carole Maître, médecin du sport à l’INSEP et présidente de la Commission médicale du CNOSF, un questionnaire psychologique commun destiné à la SMR a été élaboré, par cette Commission, avec le soutien de l’unité de psychologie de l’INSEP, de la Société Française de Psychologie du Sport et de la Commission médicale du CPSF. Le questionnaire psychologique commun va maintenant être déployé auprès des fédérations sportives et des ligues professionnelles, pour renforcer le repérage.
Axe 4 : Mieux accompagner les athlètes avant, pendant et après les compétitions, avec une attention particulière aux périodes de vulnérabilité qui entourent les grands rendez-vous sportifs
Dans le cadre de sa mission de conduite de délégation, le CPSF a organisé des webinaires de sensibilisation (violences, discrimination, rôle welfare officer …) en amont des Jeux Paralympiques à destination de toute la délégation (athlètes, staffs) et distribué l’outil Réglo’Sport pour leur bien-être.
Dans la préparation des Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028, plusieurs enjeux vont être mis en place :
- Former les encadrants et sensibiliser l’entourage
- Accompagner les athlètes dans leur plan de performance
- Renforcer l’accompagnement pendant la compétition
- Poursuivre le suivi après les Jeux
Axe 5 : Anticiper la fin de carrière, afin que la transition vers l’après-sport ne soit plus un angle mort de l’accompagnement
La fin de carrière est l’un des moments les plus délicats de la vie d’un athlète : perte de repères, de rythme, d’identité. Grâce au partenariat impulsé avec la Fondation Mercato, chaque athlète peut aussi sur des solutions concrètes pour réussir sa reconversion professionnelle. Dès l’arrêt de sa carrière, il est ainsi informé de l’ensemble des dispositifs qui peuvent l’accompagner et faciliter sa reconversion. Avec ce plan d’actions, le mouvement sportif vise à inscrire durablement la santé mentale dans la préparation et l’accompagnement des athlètes de haut niveau. L’enjeu désormais n’est pas de demander aux sportifs d’être plus forts face aux difficultés. Il est de leur donner les moyens de les reconnaître, d’en parler et de les surmonter en équipe.