Thomas Frey, l’homme de terrain derrière le para ski alpin
Dans l'ombre de l'Equipe de France de para ski alpin, Thomas Frey orchestre toute la préparation, la stratégie et la cohésion du groupe. Ancien skieur de haut niveau et ancien entraîneur de l'Equipe de ski cross, il est à présent le chef coach du para ski alpin.
De skieur de haut niveau à chef coach
Avant de diriger le para ski alpin, Thomas Frey a d’abord connu le haut niveau en tant qu’athlète. Membre de l’Equipe de France pendant 10 ans, de 2004 à 2014, il met fin à sa carrière à l’âge de 30 ans.
Après sa retraite sportif, il se tourne vers le coaching. Il enchaine les expériences, notamment à l’international, en Australie ou en Belgique. Entre 2018 et 2022, il rejoint l’encadrement de l’Equipe de France de ski cross et participe notamment aux Jeux Olympiques de Pékin 2022.
Cette même année, il bascule vers le para ski alpin, un peu par hasard, à la suite d’une proposition par Jeff Piccard, entraîneur à la Fédération Française Handisport, qui recherche quelqu’un d’ouvert d’esprit et prêt à construire une équipe performante. Malgré sa connaissance limitée du milieu paralympique, il accepte le défi.
Construire son équipe
A son arrivée, Thomas se lance dans une mission de reconstruction afin de structurer et développer le fonctionnement de la discipline. Dans un premier temps, il constitue son staff. Il conserve tout d’abord une partie de l’encadrement déjà en place, tout en intégrant de nouveaux profils, dont un technicien issu du ski cross, des kinésithérapeutes et plusieurs entraîneurs.
En tant que chef coach, il gère l’organisation globale comme la création des programmes d’entraînement, l’organisation des stages, la gestion budgétaire, la stratégie sportive, la logistique des déplacements, la recherche de partenariats et d’équipementiers…
Côté athlètes, Thomas souhaite structurer un vrai collectif. En 2022, Arthur Bauchet, multiple médaillé aux Jeux Paralympiques, occupe la place de leader dans l’Equipe. L’ancien skieur adopte une philosophie différente, il accorde la même attention à chaque athlète. Selon lui, la dynamique de groupe permet à chacun de progresser et pousse également les leaders à se dépasser. Une approche qui a permis de créer une équipe soudée.
Un coaching individualisé
Malgré ses responsabilités de manager, Thomas refuse de quitter les skis. Il tient à conserver un rôle direct auprès des athlètes. Aux côtés des autres entraîneurs, il a le rôle d’analyser les descentes en vidéo, de tracer les parcours, de donner des conseils à chaque athlète…
Dans son métier, il doit s’adapter aux différentes catégories de handicap. Entre les catégories assis, debout ou déficients visuels, chaque athlète présente des besoins spécifiques. Les programmes d’entraînement sont individualisés, que ça soit sur la neige, dans la préparation physique ou même dans l’organisation des déplacements. Les corrections techniques ne peuvent s’appliquer à tous.
Pour lui, le cas des déficients visuels représente un défi supplémentaire. Au-delà du travail sur les skis, une véritable osmose entre l’athlète et son guide doit se créée, afin que le skieur puisse avoir une confiance à 100%. Dans l’Équipe de France, Hyacinthe Deleplace est guidé par Perrine Clair.
Mettre l’accent sur la préparation physique et mentale
En ski alpin, la préparation physique est essentielle. Elle permet d’améliorer la performance des athlètes et de prévenir les blessures, un enjeu encore plus important pour les skieurs en situation de handicap.
A son arrivée, Thomas remarque que les athlètes font leur propre préparation physique, sans coordination et sans connaitre les réels bien faits. Avec sin équipe, dont Federico Blasotta, il renforce alors cet aspect en organisant davantage de stages et mettant en place un suivi physique plus encadré.
De plus, l’encadrement a également développé l’accompagnement mental des athlètes, en leur proposant de travailler avec des préparateurs mentaux pour celles et ceux qui n’en avaient pas encore.
Les Jeux Paralympiques de Milan-Cortina 2026
Pour Thomas, les Jeux Paralympiques de Milan-Cortina 2026 représentent l’aboutissement de quatre années de travail. Depuis plusieurs saisons, l’Equipe de France multiplie les podiums en Coupe du monde. Chaque athlète engagé à Cortina d’Ampezzo a une chance de médaille.
A ce jour, le para ski alpin a déjà remporté quatre médailles : deux médailles d’argent pour Aurélie Richard, une médaille d’argent pour Arthur Bauchet et une médaille de bronze pour Jules Segers.