25 août 2021

Tokyo, pour un héritage paralympique

Avec un report d’un an en raison de la pandémie mondiale de Covid 19, le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo peut enfin lancer les Jeux Paralympiques. Des Jeux particuliers certes, en raison de l’absence de public, mais des Jeux pour les athlètes et la performance sportive avant tout.
Samuel Ducroquet, Attaché olympique et paralympique à l’ambassade de France au Japon a suivi de très près l’organisation de l’événement.

Samuel Ducroquet, vous êtes Attaché olympique et paralympique, quel-est votre rôle ? 

Pendant trois ans j’ai fait le lien entre le comité d’organisation japonais et la communauté francophone et francophile au Japon. J’ai également été chargé de partager toutes les informations utiles avec la délégation française olympique et paralympique afin de faciliter leur arrivée à Tokyo, constituer un réseau et débloquer les éventuelles difficultés. À trois ans des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, futur pays hôte des prochaines Jeux d’été, développer les liens entre les deux comités et nos institutions respectives est un enjeu prioritaire. La coopération et le dialogue se font de façon fréquente avec le Comité d’organisation de Tokyo 2020, et elle fut d’autant plus intense avec la pandémie.

 

Les Japonais ont-ils été sensibilisés aux sports paralympiques ? 

Les autorités japonaises l’ont toujours dit : “Les Jeux de Tokyo ne seront pas réussis si les Paralympiques ne sont pas réussis”. Le Comité d’organisation, la métropole de Tokyo et le gouvernement japonais avaient une grande volonté de soutenir les Jeux Paralympiques, il y a eu des programmes auprès des scolaires et du grand public avec des sensibilisations aux sports paralympiques, des rencontres avec des para athlètes, des festivals… Toutes ces opérations de sensibilisation des autorités japonaises ont porté leurs fruits, les Japonais sont assez admiratifs des performances de ces sportifs et les attendent avec impatience. 

 

Les Jeux se déroulent principalement à Tokyo, mais d’autres villes participent aux Jeux, notamment en tant que lieu d’entrainement ou base arrière. Comment cela s’est-il déroulé ? 

En effet, et malgré le Covid, la quasi-totalité des villes ont maintenu ces camps de préparation. Nous avons fait un travail de pédagogie et de facilitation des relations entre les collectivités et les fédérations. Quand le Covid a frappé, nous avons fait des opérations de repérages pour certaines fédérations car de nouveaux besoins se sont fait sentir et elles ne pouvaient plus venir sur place pour faire les repérages elles-mêmes. Nous avons aussi entretenu la dynamique, préservé les liens, en montrant que malgré la situation difficile dans laquelle nous étions, le Covid ne signait pas la fin de tout, bien au contraire, notre soutien mutuel n’en était que plus précieux. 

 

Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 1964 ont laissé un bel héritage, toujours visible, qu’en sera-t-il de ces Jeux ? 

Tokyo avait à cœur de prendre le virage d’un nouveau modèle de Jeux, moins énergivores et moins gourmands. Contrairement à 1964, les infrastructures ne constitueront pas le plus gros de l’héritage après 2021, car Tokyo s’est efforcé de limiter les nouvelles constructions, hormis quelques infrastructures notables comme le stade Olympique qui demeurera un écrin fantastique au cœur de Tokyo, ainsi que le stade aquatique ou encore l’Arena Ariake. L’héritage se situera peut-être ailleurs, dans la ville.
Les organisateurs de Tokyo 2020 évoquent souvent l’acceptabilité par rapport au handicap, l’inclusivité, l’amélioration de l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap dans les transports en commun et les hôtels. Même si bien entendu, tout cela est perfectible, la tendance est la bonne.