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Le CPSF et l’ANS engagent une dynamique nationale pour féminiser le monde du parasport

A l'occasion de la Journée internationale du sport féminin célébrée ce samedi 24 janvier, le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) et l'Agence Nationale du Sport (ANS) dressent un constat sans détour : la France est en retard sur la place des femmes dans le parasport de haut niveau. Ils annoncent l’ouverture d’un chantier stratégique national pour inverser durablement la tendance et faire de la féminisation du parasport un levier majeur de performance et d’équité.

Une trop faible féminisation de l’Equipe de France aux Jeux Paralympiques 

Depuis les Jeux Paralympiques de Tokyo 2020, la comparaison des données des autres pays classés devant la France au tableau des médailles pointe du doigt le retard de la France en matière de féminisation du parasport de haut niveau et concernant la performance féminine. En moyenne, 47% des médailles sont remportées par les parasportives de chacune des équipes nationales devant ou proches de la France au classement.  

Aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, les femmes ne représentaient que 34,5% de la délégation française (82 femmes sur 237 athlètes). Sur les 549 épreuves à médailles du programme, 43% étaient des épreuves féminines. 17% médailles françaises ont été remportées par des athlètes féminines, alors que ce chiffre atteint 73 % aux Pays-Bas, 66 % en Chine, 62 % aux États-Unis.

L’écart est également remarqué au niveau des titres paralympiques. Les médaillées d’or françaises ne représentent que 16 % de l’ensemble des médailles d’or remportées par l’Equipe de France. À titre de comparaison à l’international, ce chiffre atteint 59 % en Angleterre, 52 % au Brésil, 50 % en Australie et aux États-Unis, 48% en Chine, 46 % au Japon, 37% aux Pays-Bas, 35 % en Ukraine et 32% en Italie. 

Un travail de veille scientifique mené par le CPSF pour mieux comprendre la pratique sportive féminine  

En collaboration avec l’ANS, les fédérations sportives et le ministère des Sports, le CPSF mène une veille scientifique approfondie, afin d’identifier les principaux freins à une évolution positive de la pratique parasportive féminine, en loisir, compétition et haut niveau. L’absence d’étude exhaustive sur la pratique parasportive féminine en France limite la compréhension globale des besoins. La veille scientifique menée permet aujourd’hui de poser un diagnostic et d’orienter les actions à venir.

Cette veille met en avant des freins liés à la représentation des femmes ayant des déficiences motrices, sensorielles, intellectuelles ou psychiques au sein de la société et dans la pratique sportive. Les travaux soulignent un manque d’opportunité d’exercer des rôles sociaux valorisés ainsi que le manque de visibilité de “rôles modèles” dans le sport (athlètes comme encadrement). 

Par ailleurs, la littérature scientifique montre que les femmes en situation de handicap sont souvent perçues comme a-genrées ou asexuées, alors même que le sport est un endroit où les corps sont fortement exposés et sexualisés. Diverses études démontrent également que celles-ci doivent souvent redoubler d’efforts pour affirmer leur féminité tout en conservant leur légitimité aux yeux des autres pratiquants et du public.  

Dans ce contexte, le CPSF, et l’ensemble du mouvement sportif, ont un rôle important à jouer dans les processus de construction et déconstruction des normes discriminantes (genrées, validistes, racisées, sexuées, etc.) notamment en favorisant l’accès à la pratique sportive et en renforçant la visibilité des diversités.  

2026 : une année de structuration pour changer d’échelle

Face à ces constats, le CPSF et l’ANS s’engagent dans une démarche nationale de féminisation du parasport, structuré autour de 3 axes prioritaires : 

  • Veille nationale et internationale, portant à la fois sur les travaux scientifiques et institutionnels existants et sur les politiques menées par les autres pays 
  • Recensement et évaluation des programmes et outils en faveur de la féminisation du sport déjà déployés par les institutions sportives 
  • Enquête approfondie auprès des fédérations

À l’issue de cette année de travail, le CPSF et l’ANS présenteront fin 2026 une feuille de route stratégique et opérationnelle, élaborée aux côtés des fédérations sportives. L’ambition de ce travail collectif est de faire de la féminisation du parasport un véritable levier de performance sportive et un enjeu de justice sociale.